Analyse de l’évaluation et de résultats

2GM TS2GM TS corrigé2GM TS grille d’évaluationTableau des résultats des élèves

Analyse de l’évaluation et de ses résultats

Analyse des résultats des élèves et plus particulièrement de trois élèves aux résultats différents

Bilan général:

De manière générale, les élèves ont bien réussi le test. Les problèmes que j’ai pu relever sont de l’ordre de la compréhension, de l’analyse et de l’esprit de synthèse. En effet, certains élèves ont tendance recopier les phrases du texte en changeant un ou deux mots. Ceci se voit puisqu’ils n’arrivent pas à justifier leur réponse par leurs propres mots. De plus, la consigne n’est pas totalement respectée ce qui renforce le constat ci-dessus concernant leurs lacunes.

Dans ce qui suit, j’analyse les résultats de trois élèves de niveaux différents : le premier n’a pas eu la moyenne (3.5), le deuxième a obtenu un résultat proche de la moyenne de classe (4.5) et le troisième s’est classé parmi les meilleurs à ce test (5.5).

La démarche d’analyse est la suivante :

  1. pour chaque élève, je relève les questions ayant donné lieu à des résultats insuffisants,
  2. afin de relativiser les résultats, j’étudie aussi quelques unes des questions n’ayant pas posé de problèmes,
  3. je détermine les niveaux de la taxonomie de Bloom concernés,
  4. je formule des hypothèses quant aux lacunes et quant à la démarche métacognitive des élèves.

Elève 12 :

Cet élève n’a pas eu la moyenne au test significatif. En effet, celui-ci a tendance à recopier les phrases du texte et a donc très peu l’esprit de synthèse. L’on ressent une grande peine à justifier et à expliquer ses réponses par ses propres mots.

-         QCM :

Même si l’élève a obtenu un nombre suffisant de points au QCM, nous pouvons remarquer que pour la question 8, il répond en cochant une date alors que la donnée était absurde “L’expansion allemande est arrêtée à Sydney en:”. En cochant une date, l’élève prétend que l’expansion allemande s’est arrêtée à Sydney. Ceci démontre soit qu’il a mal lu la consigne, soit qu’il n’a pas compris, qu’il n’avait aucune idée de la réponse et a répondu au hasard.  Cependant, cette dernière solution semble difficilement envisageable. En effet, selon mes observations en-dehors du cadre de ce test, cet élève montre habituellement une grande faculté de mémorisation mais des difficultés de compréhension ou d’inattention.

-         Question A :

D’une façon générale l’élève a répondu à côté de la question. Par exemple, il semble confondre la France de Vichy avec la zone occupée d’avant 1942. Quant à la première partie de la question, il semblerait que l’élève a retenu la notion de défaite mais a confondu la débâcle française de 1940 avec le tournant de la guerre en 1943, c’est-à-dire le début des défaites nazies. En ce sens, il s’agirait, ici aussi, d’une marque d’inattention (et donc d’une difficulté de compréhension) durant les cours alliée à une capacité de mémorisation.

-         Question C :

Cet exercice démontre que l’élève ne lit pas les consignes puisqu’il s’est trompé de document. Le problème se trouve peut être dans la formulation de la consigne. Je reconnais en effet qu’il aurait été préférable de citer le document dans la consigne directement plutôt que de la mettre

en annexe. Néanmoins, à cette exception près, la totalité des élèves a correctement compris la consigne.

-         Question D:

Cette question fait non seulement apparaître des difficultés de compréhension (comme pour les autres questions), mais aussi des difficultés d’analyse. En effet, d’une part l’élève ne comprend pas le contenu du document 2 parlant du Maréchal Pétain s’engageant dans la voie de la collaboration (avec Hitler bien entendu), mais n’arrive pas à comparer les textes entre eux (il associe les documents 1 et 2 comme deux sources encourageant les Français à lutter, alors que seul le premier annonce cela). De plus, le deuxième est clairement opposé au premier.

Si l’élève avait compris et avait pu mettre en relation ces trois documents, il aurait associé les documents 1 et 3 et les aurait dissociés du document 2 en justifiant sa réponse. Néanmoins, nous pouvons nous demander si ces lacunes dans la capacité d’analyse ne sont pas des conséquences logiques des lacunes dans la capacité de compréhension.

-         Questions E et H :

Dans ces deux questions, l’élève ne répond pas par ses propres mots, mais se contente de reprendre (au mieux de paraphraser) les consignes. Il semblerait que l’élève n’arrive pas à relever les éléments essentiels et à les synthétiser.

En ce qui concerne plus précisément la question H, l’élève se contente de reprendre les réponses faites aux exercices précédents. Dans ce cas précis, il est possible que l’élève ait considéré son travail comme étant suffisant et n’a pas souhaité prolonger sa réflexion dans laquelle il aurait au moins dû préciser la notion de crime contre l’humanité. Ainsi, il est difficile de se prononcer définitivement : même si nous notons des lacunes de compréhension et d’analyse, il se pourrait aussi que l’élève ait des difficultés d’un autre ordre mettant en danger son attention au cours. Cela dit, je dois reconnaître qu’en tant qu’enseignante, je suis responsable de l’apprentissage des élèves et j’aurais dû repérer ces difficultés auparavant et y remédier.

Elève 22 :

Cet élève a partiellement réussi son test en obtenant une note très légèrement supérieure à la moyenne de classe. On peut noter que les trois premiers exercices ont été résolus sans trop de difficultés. En ce sens, il ne semble pas que ses lacunes se situent au niveau de la compréhension.

-         Question D :

Cet exercice qui relève du niveau de compréhension et d’analyse selon la taxonomie de Bloom a été maîtrisé. En effet, l’élève a réussi à mettre en relation, à comparer les documents et a relevé que les documents 1 et 3 avaient un lien. Cependant, bien que je lui aie accordé tous les points, je m’attendais à une justification plus claire. On peut penser que l’élève a des lacunes dans l’application de la langue française, ce qui n’est pas une compétence prioritaire d’un cours d’histoire bien que cela puisse donner lieu à des difficultés futures dans son apprentissage.

-         Question E :

Ici, l’élève a un peu plus de peine à repérer l’essentiel. Il donne une information très générale sans vraiment la développer. En ce sens, on peut détecter une difficulté à synthétiser les informations d’une part et ses idées d’autre part.

-         Question H :

D’une façon générale, l’élève ne répond pas à la question : d’une part en ignorant certains points de la consigne et, d’autre part, en développant une introduction trois fois plus longue que demandé. Ainsi, l’élève ne comprend pas ou n’a pas lu la consigne et a de la peine à synthétiser les informations. On peut même noter qu’il reprend des phrases des textes des exercices précédents. Cela pourrait dénoter de lacunes dans les domaines de la compréhension et de la synthèse. Mais il est possible que l’élève, arrivé en bout de parcours du test, ait passé sur la question par manque de temps.

Elève 3:

Cet élève fait preuve d’un esprit de compréhension, d’analyse et de synthèse. Il arrive sans problème à relever les éléments essentiels du texte et à les synthétiser par ses propres mots comme le démontrent à l’évidence ses réponses aux exercices D et H.

Aux questions A et B, l’élève a seulement quelques lacunes dans la formulation. Ce qui à nouveau ne relève pas directement du cours d’histoire mais pourrait mettre en péril ses apprentissages futures. Néanmoins, ses réponses restent cohérentes, pertinentes et logiques.

En conclusion, les difficultés relevées se situent surtout au niveau de la compréhension (des consignes) et aussi dans les capacités d’analyse et de synthèse.

Des propositions de remédiation relativement aux problèmes d’enseignement-apprentissage rencontrés par les élèves ou certains élèves

En corrigeant le test, je me suis rendue compte que les difficultés se situaient surtout au niveau des exercices où il fallait repérer les éléments essentiels et les synthétiser, au niveau de l’exercice où il fallait mettre les documents en relation, les comparer et justifier la réponse par ses propre mots.

Je formulerai les hypothèses suivantes quant aux difficultés des élèves :

  1. Au niveau des connaissances, il est possible que les difficultés soient de l’ordre de la mémorisation et de l’ordre de l’indentification.
  2. En ce qui concerne la compréhension, il est possible que les difficultés se situent au niveau de la description, de l’identification et de la reformulation.
  3. Pour l’analyse, je crois noter des problèmes dans la comparaison et la différenciation.
  4. Finalement, en ce qui concerne la synthèse, la question est dans une certaine mesure de savoir si l’exercice H est bien un exercice de synthèse étant donné les détails fournis dans la consigne (mea culpa). Cependant, si tel est bien le cas, il faudrait se poser des questions au niveau de la conception et de la formulation.

Par rapport à ces hypothèses, les activités de remédiation pourraient ressembler à celles proposées par une équipe de chercheur de l’académie de Toulouse (C6HRSTO01) qui

rencontrait des difficultés analogues à celles décrites ci-dessus. Cependant, il serait bon de trouver des activités plus spécifiques aux besoins de la classe.

Notons tout d’abord que les lacunes dans ces compétences ne semblent pas être liées au sujet de par leur degré de généralité. Ainsi, il serait possible de proposer des activités de remédiation dans des sujets différents, par exemple des sujets portant sur une autre temporalité, mais aussi sur des sujets de la seconde guerre mondiale ne relevant pas directement de la problématique de la Shoah.

Une activité possible serait de donner à comparer des textes provenant de camps opposés : Radio Paris (Philippe Henriot), Radio Londres (Pierre Dac), Radio Sottens (René Payot) et de les rendre à leur légitime propriétaire. Cette activité aurait l’avantage de pouvoir se faire aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. Par exemple :

  1. Proposer une écoute de ces discours, puis donner aux élèves des résumés de ces mêmes discours mais sans identification, puis leur demander de les appareiller. (Exercice sur la connaissance dans le sens de la mémorisation et de l’identification)
  2. Proposer une écoute et en demander un résumé. (Compréhension dans le sens de la reformulation.)
  3. Proposer une écoute de différents enregistrements, demander les arguments et les opposer sur le plan qualitatif.
  4. Proposer une lecture des textes de René Payot, de la BBC, et de Radio Paris et demander de faire une synthèse des événements de l’époque, de la façon dont les différentes parties en rendent compte et des raisons de ces différences selon les connaissances dont disposent les élèves.

Une telle démarche pourrait être envisagée avec de nombreuses autres activités comme celles qui suivent :

-         De même on pourrait aussi faire de l’analyse avec ces textes ou discours : par exemple une compréhension de texte du chant des partisans, une analyse de la bataille des ondes opposant Philippe Henriot à Pierre Dac.

-         Comme autre exercice d’analyse, il serait intéressant de comparer les textes d’historiens actuels à propos de la neutralité de la Suisse. Cette tâche pouvant être plus ou moins complexe selon les extraits choisis, il serait même possible d’en faire une activité extrascolaire.

-         Dans le cas plus spécifique de la Shoah, il pourrait être exceptionnellement intéressant d’analyser le comportement des civils Danois qui ont refusé en bloc de confier leurs compatriotes de confession juive sans susciter pour autant de réaction de la part des Nazis.

Analyse rétrospective du dispositif d’évaluation

Lors de la conception argumentée de mon évaluation significative, je me suis rendue compte que plus de la moitié du test relève du niveau de compréhension selon la taxonomie de Bloom.

En effet, pour les questions A, B, C, D et E, les élèves doivent être capables de rechercher les informations essentielles dans des documents et de les synthétiser.

Une seule question relève de l’analyse (D) : lors de cette activité les élèves doivent être capables d’associer les documents 1 et 3, par opposition au document 2.

Quant à la question H, elle relève plutôt de la synthèse puisque les élèves doivent collecter, organiser et formuler les connaissances acquises ainsi que le contenu des documents afin d’en créer un troisième. Cela relève aussi de l’analyse puisqu’ à l’époque de l’évaluation, les élèves n’ont pas encore vu la notion de crime contre l’humanité.

Concernant l’exercice de synthèse, nous pourrions nous poser la question s’il s’agit d’une synthèse proprement dite ou d’un simple résumé. En effet, pour obtenir un exercice de synthèse, il faudrait que l’élève apporte sont point du vue ou celui de quelqu’un d’autre.

Comme déjà mentionné précédemment, cet exercice demande aux élèves plus qu’un simple résumé, puisqu’ils doivent être capables de relever les éléments essentiels, de les assembler et de les organiser afin de créer un troisième document. De plus, le fait que les élèves doivent identifier la notion de “crime contre l’humanité” dénote une dimension analytique débouchant naturellement sur la notion de synthèse dans le rendu de la dite analyse.

Cependant pour en faire véritablement un exercice de synthèse je n’aurais pas dû imposer la structure du texte à développer. Je reconnais là une occasion manquée de ma part motivée seulement par une trop grande commisération dont je me repens.

De plus, lors de la correction du test, je me suis rendue compte que ma grille d’évaluation n’était pas adaptée à toutes les situations. Mes indicateurs sont trop précis et ne laissent pas la possibilité à de multiples réponses. En effet, lorsque j’ai construit le test, j’ai relevé moi-même des documents les éléments qui me semblaient essentiels. Lors de la correction, j’ai été confronté à ce problème puisque plusieurs élèves ont relevé d’autres éléments que l’on pourrait considérer comme pertinents.

J’aurai dû donc construire ma grille autrement, c’est-à-dire évaluer en priorité l’exactitude, la pertinence et la cohérence.

Dans le même ordre d’idée, j’ai eu des difficultés à trancher la véracité des réponses à la question A. Cette dernière demande de situer les événements par rapport au déroulement de la Seconde Guerre mondiale. J’ai obtenu des réponses incomplètes ou superficielles telles que “début de la guerre, milieu de la guerre et fin de la guerre”. Ces réponses, malgré leur manque de précision sont néanmoins justes. J’attendais plutôt que les élèves situent ces documents par rapport à des événements précis de la Seconde Guerre mondiale. Cela provient probablement de la formulation de la consigne. Il aurait fallu que cette dernière soit plus précise.

En conclusion, plus de la moitié de ce test relève de la compréhension. Si les élèves demeurent dans leur zone proximale de développement, ils n’avancent cependant pas dans l’acquisition de compétences puisqu’ils restent dans le “savoir refaire”[1]. Si je devais refaire un test, je suivrais les recommandations de Dambroise et Bouhon dans leur ouvrage “Evaluer les compétences en histoire” : amener les élèves vers des situations nouvelles, c’est-à-dire passer de la compréhension à l’application pour ensuite aller vers l’analyse et la synthèse.


Bibliographie

Ouvrage:

Dambroise C., Bouhon M. (dir.), Evaluer des compétences en classe d’histoire, Louvain-la-Neuv, Unité de didactique de l’Histoire de l’Université catholique de Louvain, 2002.

Site internet:

[1] http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/organisation/dfj/sg-dfj/fichiers_pdf/CGE.pdf


[1] Dambroise C., Bouhon M. (dir.), Evaluer des compétences en classe d’histoire, Louvain-la-Neuv, Unité de didactique de l’Histoire de l’Université catholique de Louvain, 2002.

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